# EODE THINK TANK / VENEZUELA ELECTION 2013 REPORT – 2e Partie / CLIMAT ACERBE POUR LA NOUVELLE ELECTION PRESIDENTIELLE

EODE - LM rapport Venezuela 2e PARTIE (20 03 11) FR 1

Luc MICHEL for EODE Think Tank /

avec AFP – PCN-SPO – Granma – El Nacional / 2013 03 10 /

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Le début de campagne présidentielle se révèle très acerbe entre Capriles et Maduro. « Menteur » contre « fasciste », la bataille pour la succession de Hugo Chavez au Venezuela le 14 avril a donné lieu dès dimanche à des premiers échanges acerbes entre le candidat confirmé de l’opposition Henrique Capriles et le président par intérim Nicolas Maduro, héritier de Chavez.

UN TON ET DES MORTS TRES DURS

A peine le gouverneur Capriles a-t-il confirmé dimanche soir sa candidature lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il a notamment accusé le pouvoir d’ »utiliser le corps du président (Hugo Chavez) pour faire campagne » que M. Maduro est intervenu à la télévision officielle pour l’accuser de « chercher la violence ».

Aujourd’hui, « nous avons vu le visage nauséabond de fasciste que tu es », a lancé le président par intérim, critiquant une intervention « misérable », « déplorable », « irresponsable », ou encore « infâme ».

Garantissant au « candidat perdant » de la présidentielle du 7 octobre une nouvelle « déroute le 14 avril », Nicolas Maduro lui a en outre reproché d’être au service de l’ »oligarchie » et de fomenter des troubles dans le pays afin de justifier « une intervention étrangère ».

Quelques minutes auparavant, Henrique Capriles avait assuré qu’il allait « lutter » pour la présidentielle, afin de « ne pas laisser la voie libre » au candidat du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), M. Maduro, intronisé dauphin officiel par le président Chavez début décembre.

Déjà candidat de la principale coalition d’opposition du pays le 7 octobre face à M. Chavez – il avait recueilli 44% des voix – le gouverneur de l’Etat de Miranda, l’un des plus riches du pays où la bourgeoisie est puissante, a aussi accusé le pouvoir d’avoir cherché à « gagner du temps » en mentant sur le réel état de santé du président malade.

« Tout a été minutieusement calculé » pour assurer la succession du dirigeant charismatique décédé mardi des suites d’un cancer après 14 années à la tête de l’Etat, a-t-il poursuivi. « Nicolas, tu as menti à ce pays », a-t-il martelé, prenant soin de toujours désigner son futur adversaire par son prénom. « Qui sait quand est mort le président Chavez? », a-t-il même demandé.

Avec un curriculum politique déjà bien fourni malgré sa jeunesse (40 ans), Henrique Capriles avait réussi en 2012 une campagne dynamique l’ayant mené aux quatre coins de ce riche pays pétrolier, multipliant les déplacements et les rassemblements publics, de plus en plus importants au fil des mois.

CHAVEZ RESTE UN ENJEU DIRECT DE LA CONFRONTATION

Exposée dans le salon d’honneur de l’Académie militaire de Caracas depuis mercredi, la dépouille de Hugo Chavez a été saluée par des centaines de milliers de Vénézuéliens faisant la queue nuit et jour pour lui rendre un dernier hommage.

Embaumés, les restes de l’ancien président seront transférés vendredi dans l’ancienne caserne d’où M. Chavez a lancé en février 1992 un coup d’Etat manqué contre le président Carlos Andres Perez, située dans le quartier déshérité du 23 de Enero à l’ouest de la capitale, a également déclaré dimanche M. Maduro.

Dans la foulée, le président par intérim a annoncé l’adoption mardi prochain par l’Assemblée nationale d’un « amendement constitutionnel » puis la convocation d’un référendum autorisant l’entrée de Hugo Chavez au Panthéon national, au côté du libérateur Simon Bolivar, ultime étape d’un culte de la personnalité exacerbé depuis la disparition du « Comandante ».

Depuis la Havane, Fidel Castro, dirigeant de la Révolution cubaine et père spirituel de Hugo Chavez, a indiqué dans un bref communiqué diffusé par le quotidien officiel Granma qu’avec la disparition du « Comandante » vénézuélien « était mort le meilleur ami qu’ait jamais eu le peuple cubain au cours de son histoire ».

A la mi-journée, Nicolas Maduro, recevant l’appui du Parti communiste vénézuélien, avait aussi appelé ses partisans à l »‘unité » au risque de perdre « tout » le legs de Hugo Chavez. Il s’était également à nouveau appliqué à invoquer les mannes de l’ancien dirigeant charismatique: « Aujourd’hui je suis président conformément à la Constitution, mais surtout parce que c’est lui qui l’a demandé », avait-il assuré. « Je vais être candidat présidentiel, je vais être président et commandant en chef des forces armées parce qu’il me l’a ordonné », avait-il ajouté.

MADURO, UN NOUVEAU LEADER EXPERIMENTE POUR LE PSUV

Nicolas Maduro, un ancien conducteur d’autobus et dirigeant syndical âgé de 50 ans, a lui gravi peu à peu tous les échelons du pouvoir sous la houlette de M. Chavez, de simple député à la présidence par intérim.

Il y a trois semaines, l’institut de sondage vénézuélien Hinterlaces indiquait que Nicolas Maduro battrait Henrique Capriles de 14 points.

Le président vénézuélien par intérim a déposé ce lundi sa candidature pour la présidentielle du 14 avril devant une foule de partisans à Caracas, et dans un climat politique qui s’est tendu ces derniers jours avec de nombreuses invectives échangées entre pouvoir et opposition. L’AFP évoque « marée rouge à Caracas pour le dépôt de candidature de Maduro ».

Dès les premières heures de la matinée, des milliers de partisans du président Chavez avaient commencé à converger vers le centre de Caracas et le siège du CNE. « Nous allons élire Chavez dans le corps de Maduro, nous allons poursuivre son oeuvre », a expliqué à l’AFP Jesus Oliviertt, un retraité de 60 ans, rappelant l’appel à élire le vice-président lancé par Hugo Chavez trois mois avant sa mort.

L’héritier officiel du Chavisme et de sa Révolution bolivarienne est apparu arborant un blouson aux couleurs du drapeau national sur le perron du Conseil électoral national (CNE), acclamé par des dizaines de milliers de partisans portant des casquettes ou des t-shirts rouges, la couleur du parti au pouvoir.

Après avoir signé en plein air son dépôt officiel de candidature et remis aux membres du Conseil électoral nationale (CNE) un exemplaire du programme de Hugo Chavez à la présidentielle d’octobre dernier en signe d’allégeance au défunt, M. Maduro a livré un discours dans lequel le nom du président Chavez décédé mardi dernier a de nouveau été constamment cité.

« Je demande à notre père rédempteur de cette terre bolivarienne, Hugo Chavez, qu’il me donne la force et me permette d’exécuter l’ordre qu’il nous a donné et m’a donné », a notamment déclaré Nicolas Maduro.

Elu député pour la première fois en 1998, il a ensuite rapidement gravi les échelons du chavisme en devenant président de l’Assemblée nationale, puis ministre des Affaires étrangères et enfin vice-président, avant de recevoir en décembre l’onction du « Comandante », qui peu avant l’aggravation de son état de santé a demandé aux Vénézuéliens d’élire M. Maduro si lui-même venait à devoir renoncer à ses fonctions.

« Nous allons mener la campagne électorale dans la paix, et veiller à ce que personne ne répande le venin de la haine et de la rancoeur », a-t-il ajouté, visant le candidat de l’opposition, le gouverneur Henrique Capriles, accusé de volonté séditieuse.

Le candidat Maduro, dans son discours d’environ deux heures prononcé sur l’avenue devant le CNE, a également promis aux Vénézuéliens d’ »en finir » avec la criminalité galopante qui fait du pays l’un des plus dangereux au monde. « Nous nous engageons à assainir la société vénézuélienne. Assez de violence ! Que cessent les agressions, les enlèvements, les crimes ! », a-t-il imploré.

CAPRILES CANDIDAT DU MUD, BLOC ANTI CHAVISTE

M. Capriles, déjà candidat malheureux contre Hugo Chavez en octobre dernier, devait également déposer sa signature au CNE dans la journée de ce lundi. Le jeune gouverneur de 40 ans a confirmé dimanche soir qu’il se lançait dans cette nouvelle bataille électorale, reprochant au passage au gouvernement d’avoir « menti » sur la santé de M. Chavez et d’utiliser aujourd’hui son corps à des fins politiques. Il s’est immédiatement attiré les foudres du candidat Maduro, qui l’a qualifié de « fasciste » cherchant à provoquer « la violence » dans le pays.

LM

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1e Partie :

Venezuela Election 2013 Report – 1e Partie / Election présidentielle post-Chavez le 14 Avril

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