# PCN-INFO/ ELECTIONS EUROPEENNES DU 25 MAI 2014 : LAISSONS LE SYSTEME A SA LENTE AGONIE !

PIH - LM laissons le système à son agonie (2014 05 24) FR

LM pour PCN-INFO/

avec PCN-SPO – lucmichel.net/ 2014 05 24 /

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En Europe, comme partout ailleurs dans le monde, le Parlementarisme bourgeois – qu’il ne faut pas confondre et encore moins assimiler à la Démocratie, comme la propagande du Système veut fallacieusement le faire croire – a atteint le stade ultime de sa dégénérescence.

Partout la « démocratie » bourgeoise – ou plutôt la prétention abusive et illégitime à incarner un système démocratique – a fait place à un gouvernement oligarchique, à la confiscation de la représentation populaire par les puissances d’argent du Capitalisme libéral. Il y a aujourd’hui adéquation totale, absolue, entre le pouvoir économique et le pouvoir politique.

Les élections européennes révèlent significativement cette situation.

# I – POUR QUI VOTER ?

Dans le cadre de cette pseudo démocratie – confisquée par une minorité, biaisée par l’argent –, il n’y a plus aujourd’hui de choix à faire, car aucun candidat n’incarne un choix en dehors ou contre le Système. De l’extrême-droite à l’extrême-gauche, c’est le même consensus, les mêmes valeurs fondatrices.

La seule position cohérente, révolutionnaire, anti-Système, c’est donc de refuser un faux choix, qui n’existe pas réellement, à l’intérieur du Système. LE SEUL VOTE REVOLUTIONNAIRE, C’EST LE VOTE BLANC, NUL (1) OU L’ABSTENTION.

PAS UNE VOIX POUR LES CANDIDATS DU SYSTEME !

LAISSONS LE SYSTEME A SA LENTE AGONIE !

La Révolution, elle, s’incarne hors du Système, dans ce que le sociologue Pareto appelle la « contre-élite » (2) et d’autres la « contre-démocratie » (3). A nous de préparer, en dehors du Système, l’avenir de la Révolution européenne. Qui passe avant tout par la diffusion de notre idéologie et la formation d’un Cadre pan-européen.

On notera que Jean THIRIART, toujours prophétique dans sa pensée anticipatrice, ne disait pas autre chose dès 1969. Dans l’organe d’alors de notre Organisation « LA NATION EUROPEENNE » (4), il théorisait déjà notre position : « Nous pensons quant à nous que l’unité européenne pourrait se faire par un mélange (variable selon la circonstance) entre la persuasion et la violence. – avec une dose dominante de violence – et dans un « climat tragique » – non pas dans l’actuel climat trivial. Ce sera un viol consenti après un moment d’émotion, ou plus exactement dans un moment de panique. Si cela se fait, cela ne pourra se faire par des marchands de voitures. Mais avant que cela ne se fasse, il faudra ouvrir quelques milliers de têtes à des concepts classiques de la politique de l’Etat, de politique d’intérêts, de la politique de pouvoir, de la politique laïque et lutter contre les fumées et les brouillards des politiques de contestation (le « socialisme » parlementaire en Europe ne peut exemple pris en passant – subsister qu’en parasitant le néo-capitalisme : c’est un phénomène-type de parasitisme symbiose, des politiques sentimentales, des politiques « religieuses », des politiques littéraires vertuistes… Nous devons avoir sous la main une équipe de têtes convaincues de l’Europe-fusion (par opposition à l’Europe-addition) et préparées à une Europe-Etat ».

# II – CONTRE LES CANDIDATS DU FRIC-ROI

Que la politique bourgeoise soit confisquée par l’argent éclate au grand jour lorsqu’on voit le statut social des principaux candidats.

Tous sont des millionnaires ou au moins des ‘grandes fortunes’, partout en Europe, soumis à l’ISF (5). Millionnaires les Sarkozy et le couple Royale-Hollande (ayant des deux côtés manipulé l’état réel de leur fortune, pour la diminuer, comme l’a révélé l’hebdomadaire satirique parisien « LE CANARD ENCHAINE »). Millionnaire Le Pen, qui ose prétendre incarner « le peuple » (6). Comme l’est aussi un Vadim Tudor, « le Le Pen roumain ».

Encore et toujours millionnaire Bayrou, le pseudo « candidat contre le Système » (où il est parfaitement inséré depuis toujours), gros propriétaire terrien dans le Bearn, qui n’échappe à l’ISF que grâce aux dispositions fiscales sur le patrimoine agricole.

# III – OPPOSITION DU SYSTEME OU OPPOSITION AU SYSTEME ?

On est là dans une distinction fondamentale.

Reste le cas des « petits candidats ». On notera tout d’abord le ralliement aux candidats officiels du Système de ceux qui prétendaient – il n’y a guère encore – incarner un recours.

Exemplaire est le cas en France de Jean-Pierre Chevènement, qui représentait hier une opposition à l’axe américano-sioniste. Et qui avec son ralliement à la candidature de Royal en 2007, candidate, elle-aussi, de Washington et de Tel-Aviv, a rallié le camps de nos occupants (7).

Et les autres ne valent pas mieux. Les candidats de l’extrême-gauche, piégés par le vote utile à gauche au 2eme tour, ne sont que la digue élevée à gauche pour endiguer le mécontentement populaire (8).

Le vote d’extrême-droite – les Le Pen et leurs épigones – est la copie sur la droite de la même opération d’endiguement. Le partage des mêmes valeurs fondamentales entre les droites classiques et les candidats de l’extrême-droite est exemplaire et exemplatif de l’excroquerie électorale que représentent les GADGETS ELECTORAUX impulsés par le Système.

PARETO et à sa suite THIRIART ont toujours insisté fort justement sur la différenciation fondamentale à opérer entre la pseudo opposition DU Système – la fausse opposition, escroquerie politique – et l’opposition radicale AU Système (comme l’incarne le PCN et la « contre-démocratie ») (3).

# IV – L’ABSENCE DE L’ENJEU FONDAMENTAL :

L’ECOLOGIE ABSENTE DU DEBAT !

LA TRAHISON DES POLITICIENS ECOLOGISTES

Actuellement émerge dans les masses ce qui devrait être l’enjeu fondamental du débat politique partout dans le monde : l’écologie, la nécessité de donner un coup d’arrêt à la destruction de notre planète par le Système capitaliste. Le temps nous est compté …

J’ouvrirai une parenthèse à ce sujet. Depuis les débuts de mon long parcours politique, au début des années 1970, l’écologie radicale a toujours fait partie de mes préoccupations. J’ai participé, comme acteur engagé, aux premiers pas de l’écologie politique, avant sa trahison par les politiciens « verts » et leur ralliement au Système. Il y a près de 40 ans, nous annoncions déjà la catastrophe à venir, celle que nous subissons aujourd’hui, notamment avec le réchauffement climatique. Cette catastrophe que les hommes et les media du Système faignent de découvrir depuis une dizaine d’années. Il n’y a rien à attendre du Système !

Face à l’urgence vitale de sauver la planète et l’avenir de l’humanité, le Système répond par l’absence de l’enjeu écologique dans le débat des élections européennes.

Les « Verts » sont plus préoccupés par leur survie politique, partout en Europe. Survie qui passe par la capitulation politique et idéologique face au Système et à sa gauche (9).

LE MARKETTING ET LE BUSINESS VERTS

On reviendra sur la dénonciation – inattendue dans les colonnes de la très régimiste LIBRE BELGIQUE (Bruxelles, 31 janvier 2007) – d’un autre gadget du Système, l’imposture de Nicolas Hulot, « l’écologie au service du grand capital », fausse conscience écologique à l’usage des gogos qui croient encore que le Système peut apporter une solution à la crise écologique : « L’appui unanime des médias aidant, Nicolas Hulot fait un tabac avec les malheurs de la planète. Au nom d’un ‘pacte écologique’, qu’il veut ‘transpolitique’ (sic), son livre et son site font recette ». L’auteur rappelle au passage les liens de l’animateur, « ses pompes et ses œuvres, amis et projets. Marketing et sponsoring, produits dérivés, lignes de véhicules 4×4 labellisées Ushuaïa… l’argent, le pétrole et le CO2 coulent à flot dans le sillage du télé-écologiste de TF1 (…) Telle est, pauvres de tous les pays, la nouvelle nécessité que les grands médias vont vous vendre, tel est le plan des élites triomphantes. Vous croirez sauver vos descendants, mais vous assurerez leur sujétion au salariat, régime qui a mené l’espèce au bord du suicide. Vous croirez faire des sacrifices pour la vie et pour la planète, mais vous nourrirez Moloch. Alors qu’ils iront travailler en bicyclette, vos petits-enfants, par leurs impôts et par leurs achats, financeront la jet-society, carbon dioxyde authorized, des héritiers de M. Hulot et ses soutiens ». Les Hulot sont, hélas, légions …

« Il faut, face à cette grande machine médiatique, recentrer la question écologique, loin de l’image du monde lénifiante que nous construit jour après jour l’industrie omniprésente du spectacle. Il faut rendre leur place à quelques constats massifs et accablants, qui pèsent sur l’humanité mais sont quotidiennement marginalisés dans la représentation collective ». « Car, pour l’auteur, les propositions de Nicolas Hulot sont loin d’être aussi neutres qu’elles peuvent paraître. Elles constituent une nouvelle justification de la misère. Et de justifier son propos en quelques exemples. En 2002, des enfants sont morts de faim en Argentine alors que ce pays au nom emblématique, de 38 millions d’habitants, assure une production agroalimentaire lui permettant de nourrir facilement plus de 100 millions de personnes. L’Inde exporte des céréales alors que la moitié de ses enfants souffrent de malnutrition. Et sur une planète où la production alimentaire est de taille à largement suffire à l’humanité, 24.000 personnes meurent chaque jour des conséquences de la faim »,  affirme l’auteur en citant l’allocution d’ouverture du secrétaire général des Nations unies au Sommet alimentaire mondial de Rome, le 10 juin 2002. « La faim et la misère ne sont dues ni à un manque de croissance économique ni aux limites de la productivité agricole, elles sont un effet de la répartition sociale des ressources, une conséquence des rapports sociaux. Leur résorption n’est pas un défi technique ou scientifique, mais un problème de société, l’affaire de tous, une interrogation éminemment politique. La question sociale ne relève pas de l’expertise, mais du débat ». Pourtant, « depuis l’Antiquité, les élites ont consacré des efforts constants à travestir la réalité de la pauvreté, à l’adresse des gouvernés bien entendu, mais aussi pour leur propre paix de l’âme ».

L’ESCROQUERIE DU CAPITALISME VERT

Pour l’éditorialiste du quotidien bruxellois, « l’ami des multinationales, Nicolas Hulot, s’inscrit sans conteste dans cette lignée ancestrale trop respectueuse – et trop profiteuse ! – des injustices sociales. Il travaille avec d’autres à un capitalisme vert qui sauvera l’essentiel : les inégalités. Rien de plus. Les Grünen allemands sont déjà fortement gagnés à cette mouvance, et avec eux un nombre chaque jour croissant de patrons intelligents ou cyniques (…) si nous suivons des recommandations présentées comme techniques, à l’instar de celles, non pas transpolitiques, mais apolitiques, de Nicolas Hulot, les vrais pouvoirs seront libres de tout questionnement. A ce titre, ils imposeront d’autant plus aisément des solutions inéquitables faisant payer le prix de l’ajustement, une fois de plus, aux plus pauvres. On ne pourrait alors qu’assister à une reconduction de la domination sous des formes inédites, avec une mystification idéologique renouvelée, où l’argument d’une contrainte écologique non socialement analysée remplacerait peu ou prou l’actuelle et supposée intangible loi des marchés ».

# V – L’AMERICANISATION DE LA VIE POLITIQUE EUROPEENNE :

LE CAS FRANÇAIS OU LE CHEVAL DE TROIE ATLANTISTE DANS NOS MURS !

Nous terminerons par le fait le plus marquant et le plus préoccupant de la vie politique européenne : la disparition à droite (où le néo-gaullisme n’est plus qu’une imposture) comme à gauche (voir le ralliement de Chevènement à Royal en 2007 et au Système) de l’anti-américanisme et l’ « Atlantisation » de la vie politique et de la classe dirigeante française.

LE NEOCONSERVATISME A LA FRANCAISE

l’éditorialiste de LA STAMPA (Milan) dénonçant les « néoconservateurs sur Seine » lors de l’élection présidentielle-clé de 2007 en France (10) : « Ségolène, Sarkozy, même combat ? En effet, les positions sécuritaires des deux candidats virtuels rappellent parfois le programme de George W. Bush. Un vent néoconservateur souffle sur la France. On dirait une vengeance divine, une revanche de la culture dominante américaine, diabolisée dans ce pays au point de faire de George Bush un guignol télévisé. Paradoxal ? Peut-être (…) tout le reste de l’attirail neocon s’est déjà implanté dans le débat politique, à droite comme à gauche. Des ruines encore fumantes des banlieues et du mouvement anti-CPE n’a émergé aucune réorientation néojacobine. Au contraire, ces événements ont mis à nu le désarroi de la précarité, que les révoltes n’ont pas entamée, mais confirmée jusqu’à devenir une identité angoissée : je suis précaire, donc je suis. Le mot qui revient le plus dans le débat culturel et politique français est “responsabilité”. Le jeu est clair et nous concerne tous, vu que le président du Conseil, Romano Prodi, a lui aussi imposé à ses ministres des exercices spirituels sur le mantra de la responsabilité. A Paris et aux alentours, le phénomène a pris un tour franco-français qui apparaît comme une version tardive et pourtant nécessaire du blairisme, considéré jusqu’à maintenant par les gauches transalpines comme le comble de l’affront (…) il est indéniable qu’un vent de néoconservatisme souffle sur les bords de la Seine ».

Qu’un Sarkozy, le « petit Bush français », « le candidat anti-antiaméricains » dixit LE FIGARO, ait incarné le choix du camps néo-gaulliste révèle la tragique déroute de l’anti-américanisme au sein de la classe politique française (11). Ce ralliement à l’Atlantisme, cette sujétion à l’Axe américano-sioniste, révèle aussi le divorce sociologique, politique et culturel entre la classe politique française et les masses populaires, où l’anti-américanisme est largement présent (comme il émerge partout en Europe).

LA LIQUIDATION DU MODELE ECONOMIQUE FRANÇAIS

Ce phénomène était inévitable au regard de l’américanisation profonde du pouvoir économique français, dont la classe politique n’est que l’émanation. On notera que la liquidation du Gaullisme historique s’est accompagnée de la liquidation du modèle économique social-étatique adopté par la France depuis 1945 et dont le général de Gaulle fut l’un des principaux architectes.

« La France va changer de modèle socio-économique », confiait un expert russe à RIA NOVOSTI (16 avril 2007). « La France va se délester du modèle socio-politique qui avait pris corps après la guerre », a déclaré le professeur Youri Roubinski, directeur du Centre d’études françaises à l’Institut de l’Europe de l’Académie des sciences de Russie. D’après le chercheur, une nouvelle génération s’insère dans la vie socio-politique de la France et d’importants changements vont se produire dans ce pays. « L’idéologisation propre à la France cède la place au pragmatisme » (lisez à l’adoption du modèle libéral globalisé américain), a dit le directeur du Centre d’études françaises, pour lequel la présidentielle actuelle fournira une réponse à la question de savoir si la France va continuer de « vivre à l’ancienne ou se moderniser ». Une question à laquelle s’ensuivra inévitablement une autre : « qui payera la note et à combien se montera-t-elle ? »

La réponse les Français la connaissent aujourd’hui : la masse des travailleurs et les classes moyennes.

Et en 2012, la ‘gauche américaine’ de Hollande s’est naturellement inscrite dans le chemin ouvert par Sarkozy. Et la France est devenue en deux présidences le meilleur allié de Washington.

Luc MICHEL

# NOTES ET RENVOIS :

(1) Mais le vote électronique amorcé en France – et que le PCN a été le premier a contester en Belgique devant la « Cour d’Arbitrage », la Cour constitutionnelle belge, ne le permet plus.

« Dans une semaine, plus d’un million de Français seront appelés à élire le futur chef de l’Etat en appuyant sur une borne à écran tactile, commentait en 2007 LE FIGARO (…) plus d’un million de Français seront appelés à élire le futur chef de l’État en appuyant sur une borne à écran tactile. Un choix novateur qu’ont fait notamment les maires d’Issy-les-Moulineaux, Bois-Colombes et Reims. Seul hic : outre la dématérialisation de l’acte civique, ces machines rendent le scrutin opaque et invérifiable. Fabriquée par des entreprises privées (Nedap et Indra), leur conception est en effet couverte par le secret industriel. L’accessibilité aux personnes âgées, non voyantes ou handicapées, pose elle aussi pro­blème. Les villes de Cannes et Grenoble, qui s’étaient engagées à la mettre en place, ont d’ailleurs préféré reculer devant l’obstacle. Opposés au vote électronique, Pierre Muller, animateur de « ordinateur-de-vote.org », et son équipe rappellent que l’Irlande a abandonné cette procédure et que la Belgique l’a suspendue ».

(2) Avec sa théorie de la « circulation des élites », le grand sociologue Vilfredo Pareto définit les conditions de la révolution : blocage du système politique (souvent couplé à une crise de civilisation) qui empêche tout renouvellement, constitution d’une « contre-élite » révolutionnaire, basculement de l’ « élite neutre » – les fonctionnaires, commis de l’Etat, militaires, etc – vers les thèses de la contre-élite. S’y ajoute la propagation de thèses opposées au système dominant parmi les masses, qui sont progressivement gagnées à des idéologies nouvelles.

L’Europe du siècle naissant nous offre un bon champs d’application des théories de Pareto. Nous assistons en effet, alors qu’une crise de civilisation prédomine, à deux phénomènes capitaux, qui inquiètent hautement nos occupants américains et la classe politique européenne qui leur est liée depuis six décennies (celle des Quislings de Washington) :

- la montée de la conscience européenne au sein des élites neutres européennes ;

- et la montée parallèle de l’anti-américanisme et de l’anti-sionisme – d’où le cirque actuel sur la pseudo « résurgence de l’antisémitisme » en Europe, qui ne repose que sur la manipulation médiatique – parmi les masses européennes.

Deux phénomènes qui vont directement à l’encontre des positions idéologiques atlantistes et pro-américaines de la classe dirigeante européenne.

Les Américains, avec leur arrogance, sont directement responsables de la prise de conscience européenne des nombreuses élites dans l’administration européenne, les milieux diplomatiques et militaires, les cadres de la grande industrie. La puissance naissante de l’Europe en devenir, même bridée ou avortée par les politiciens de l’UE, rend cette arrogance, et le lot d’humiliation constante qu’elle amène – rappelons-nous des propos méprisant de Rumsfeld sur la « veille Europe » –, insupportables. En humiliant le colonisé – et l’Europe n’est rien de plus que la première colonie de Washington – le colonisateur forge sa révolte.

La montée de l’anti-américanisme – et son corollaire l’anti-sionisme, qui lui est étroitement lié au sein de l’Axe américano-sioniste – parmi les masses européennes, à l’Est comme à l’Ouest est également suscité par la politique américaine de domination mondiale. Il prépare des lendemains douloureux aux occupants yankee.

Lorsque les élites européennes feront leur jonction avec les masses anti-américaines, les conditions seront réunies à la fois pour la libération de l’Europe, l’expulsion des USA d’Europe et de Méditerranée et l’avènement de la Grande-Europe en tant que puissance mondiale. Nous en sommes encore loin mais cette marche de l’Europe vers sa libération constituera la trame de notre histoire dans les prochaines décennies.

Pour que cette jonction se fasse, il faut un catalyseur. Celui que Thiriart – encore lui – annonçait aussi dans son livre de 1964 : le Parti historique révolutionnaire européen, avant-garde de la Révolution européenne, minorité agissante – comme l’était hier son prédécesseur direct, le Parti bolchevique, dans la Russie des années 1890-1917 –, décidée à forcer l’Histoire.

Et il faudra une grande crise, car l’Europe véritable, Une, grande et libre, débarrassée de la souillure yankee, ne surgira que d’une aggravation de la crise de civilisation que nous subissons. Nietszche, ce grand européen, prophétisait que l’Europe ne se fera qu’au bord du gouffre. Nous partageons sa vision. Les grandes révolutions exigent un climat tragique et non la tonalité triviale de notre époque décadente.

(3) Sur la notion de « contre-démocratie », lire : Pierre ROSANVALLON, LA CONTRE-DEMOCRATIE, Seuil, Paris, 2007, 322 p.

« La démocratie est affaiblie mais elle vit, ailleurs », analyse Pierre Rosanvallon. Qui « s’intéresse à l’archipel des initiatives et des réflexes de la société civile, riches de contenu, inquiétantes aussi », commente LE TEMPS (Genève, 5 octobre 2006) : « La démocratie s’érode, elle a perdu de son éclat, de sa magie : sur ce thème du désenchantement, cher à Marcel Gauchet, tout a été dit, ces dernières années, de la perte de confiance des citoyens dans leurs dirigeants, de l’abstention, de la passivité civique. De très nombreuses études ont déjà traité de l’activité électorale et représentative. Professeur au Collège de France, Pierre Rosanvallon, lui, aborde le sujet par une autre face. Il note que la démocratie parlementaire n’a jamais cessé d’être à la fois une promesse et un problème, partagée qu’elle est entre la légitimité des gouvernants et la défiance des citoyens. Dans cette étude, de ton très universitaire, l’auteur se refuse aux lamentations ordinaires sur la décadence démocratique. Il s’applique à regarder de plus près ces innombrables manifestations de défiance, où les citoyens descendent dans la rue, manifestent, se mobilisent – jusqu’à la violence parfois – contre leurs élites, en marge du dispositif institutionnel ordinaire. Approche d’autant plus originale et révélatrice qu’elle opère un va-et-vient incessant entre les expériences institutionnelles du passé et le tableau, inquiétant souvent, du présent, où la société civile s’estime éloignée du pouvoir.

Dans la nébuleuse des comportements et des initiatives de ce qu’il nomme la « contre-démocratie », Rosanvallon discerne trois postures. C’est celle de la surveillance, obsession des grandes figures révolutionnaires. Et qu’incarnent les journalistes, les syndicats et, aujourd’hui, Internet et tout un archipel d’ONG, d’associations ou d’observatoires de l’action gouvernementale et parlementaire. On y ajoutera l’exigence de plus en plus forte de transparence. C’est, ensuite, la fonction d’empêchement, qui, très tôt, s’est incarnée dans les grèves du XIXe, et trouve dans le veto des grandes manifs françaises – contre le régime des retraites en 1995, contre le CPE l’été dernier – toute son efficacité. Enfin, voici le peuple-juge, apparent dans les procédures américaines du recall et de l’impeachment. Ce décentrement de la vie démocratique – vivante, incontestablement – ne va pas sans risques. La chute du mur de Berlin, en particulier, a eu pour effet d’affadir les antagonismes idéologiques. Elle a reporté sur les acteurs eux-mêmes (plus que sur leurs programmes) l’attention des électeurs. Evolution qui alimente aussi l’esprit de refus, plus que l’adhésion aux projets. Du coup, on vise d’abord à sanctionner les sortants, plus qu’à voter pour les candidats. S’y ajoute tout un espace d’abandon et d’indifférence politique, non moins inquiétant. L’autre face de cette « impolitique », comme il la nomme, c’est le populisme, qui conspue la démocratie et ses dirigeants. Le constat conduit à une interrogation: y aurait-il moyen d’institutionnaliser cette résistance ? Pierre Rosanvallon conclut en ouvrant quelques pistes ».

(4) Jean THIRIART, « L’Europe, un acte d’intelligence », in « LA NATION EUROPEENNE », 1ere série, n° 30, février 1969, Bruxelles et Paris.

(5) Pour nos lecteurs non-résidents en France, l’ISF est un « Impôt Sur la Fortune », imposé aux très gros revenus.

(6) On notera que de nombreux leaders de l’extrême-droite européenne sont des millionnaires. Non seulement Le Pen mais aussi Vadim Tudor en Roumanie.

(7) Mais pouvait-il en finir autrement lorsque l’on connaît l’infiltration et la place occupée à la direction du MRC par les militants trotskistes et sionistes, à Paris notamment ?!

(8) Avec une mention spéciale pour José Bové, ex-trotskiste et narcissique « leader alter-mondialiste », qui se livrait vers 2007 à une campagne indigne contre le Cuba socialiste, c’est-à-dire contre une des figures de proue du combat anti-yankee.

(9) Le désarroi des « Verts » français – dont la base militante mesure parfaitement la trahison et la capitulation idéologique – apparaît dans la crise qui frappe jusqu’à la direction du Mouvement, où certains dénoncent régulièrement « une écologie de gestion, s’appuyant sur les réalisations des élus Verts en région ou sur le plan local » et lui préfèrent une « écologie populaire, le refus du système productiviste, la désobéissance civile, le refus de la guerre de civilisation et l’altermondialisme ».

« Comment les Verts ont disparu d’une campagne pourtant marquée par l’écologie » ? Dans LE FIGARO du 5 avril 2007, Rodolphe Geisler, journaliste au service politique, apportait une réponse qui met en lumière les compromissions des « Verts », devenus une simple force d’appoint de la gauche du Système (…) Voynet s’est trop éloignée des fondamentaux écologistes. Et son discours apparaît comme inaudible. Dans ses meetings, il est en effet peu question d’écologie. Elle se plaît, par exemple, à « taper » sur le candidat de la droite en moyenne trente minutes pour des discours types de trois quarts d’heure. Ou encore à défendre les langues régionales ! Mais là, disent les mauvaises langues, c’était pour obtenir, au moment de la course aux 500 parrainages, des signatures de maires corses, basques, ou encore bretons… Bref, la candidate des Verts parle de beaucoup de choses, mais assez peu d’écologie (…) En interne, confie un cadre, « plus personne n’a intérêt à faire sa campagne ». Les « petits » élus municipaux – ils sont majoritaires sur les 2.200 élus que compte le parti pour 8.000 adhérents ! – n’ont pas envie de se fâcher avec le grand frère socialiste. « Ils pensent à leurs sièges », dit-on. Du coup, à défaut de soutenir ouvertement Voynet au premier tour – ils sont déjà dans l’hypothèse d’un second tour où Ségolène Royal pourrait être présente –, ils font les morts, tandis que le militant de base est démobilisé. De même que les « grands » élus Verts qui restent étonnamment absents. « Elle rêve d’un portefeuille ministériel et s’est fourvoyée pour ça avec le PS », disent certains, en se voyant déjà ministre à sa place en cas de nouvelle « majorité plurielle ».

Les Verts ne se sont jamais remis de la présidentielle 2007. En 2012, au service de Hollande, ils ont continué leur dérive alimentaire.

(10) Cesare MARTINETTI, in LA STAMPA, Milano, 10 juin 2006, traduction française : « Néoconservateurs sur Seine », in COURRIER INTERNATIONAL, Hebdo, Paris, n° 815 – 15 juin 2006.

(11) « Aux Etats-Unis, la presse saluait en Sarkozy le candidat « anti-antiaméricains » », écrit le correspondant du FIGARO à Washington (15 mars 2007). « Outre-Atlantique, on attend de la France qu’elle se débarrasse de sa « haine de l’Amérique ».

Etat des lieux du rêve américain pour la France de 2007 : « Pour NEWSWEEK, il s’agit de « l’Etat dirigiste le plus centralisé en dehors de la péninsule coréenne ». Les néoconservateurs Gary Schmitt et Reuel Marc Gerecht veulent oublier « l’extrême-gauche et l’extrême-droite anti-Macdonald, antimondialistes et anticapitalistes », se prenant à rêver d’une « France postgaulliste, proaméricaine ». La pierre d’achoppement est là : cette France où le mot antiaméricanisme « est entré dans le dictionnaire en 1968 », relève le WALL STREET JOURNAL. Or, voilà que surgit un candidat pas simplement proaméricain, mais « anti-antiaméricains », s’extasie le journal. Il n’est pas le seul : si l’intelligentsia américaine pouvait voter, elle serait tentée par Nicolas Sarkozy, le seul qui ait franchi l’Atlantique pour la courtiser durant la campagne. Lors de sa visite, en septembre dernier, le chef de l’UMP a « proclamé avec fierté » son amitié. Une photo avec George Bush a suffi pour lui coller l’étiquette de « néoconservateur au passeport français ». (…) Le WEEKLY STANDARD, l’organe des néoconservateurs, voiait en lui « l’homme qui veut réveiller la France », le comparant à la fois à Bill Clinton et à Ronald Reagan. Ségolène Royal, elle, a eu droit aux épithètes de « glamour » dans USA TODAY, d’ « exception française » dans TIME (…) Philip Gordon, de la Brookings Institution, était « frappé par l’américanisation de la politique française ». Ce pays « a manifestement soif de changement », soulignait L’ATLANTIC MONTHLY. Si au passage il se débarrasse « de sa haine de l’Amérique », se prend à rêver le WALL STREET JOURNAL, ce sera un progrès » (sic).

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