# PCN-INFO / WATERLOO, UN TOURNANT DE L’HISTOIRE MODERNE : GEOPOLITIQUE – IDEOLOGIE – REVOLUTION. LE POINT DE VUE DU PCN

PIH - 200 ans Waterloo (2015 06 18) FR

KH pour PCN-INFO / 2015 06 18 /
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Ecoutons Luc MICHEL parler de Waterloo (dans sa Postface à la 3e édition de son livre LE PARTI HISTORIQUE REVOLUTIONNAIRE) :
« Il y a peu de batailles décisives pour orienter le cours de l’Histoire. Moscou (fin 1941, début 1942), puis Stalingrad scellent la défaite du IIIe Reich et empêchent un XXe siècle dominé par Hitler. Waterloo consacre elle un siècle de domination britannique mondiale, celle de la Finance, suivi d’un siècle de domination américaine, celle de Wall-Street. Le règne géopolitique et économique des cousins néo-carthaginois anglo-saxons ! Idéologiquement c’est la défaite des forces révolutionnaires pour un siècle aussi, celle du Jacobinisme, matrice des révolutions des XIXe et XXe siècles. Le « long XIXe siècle » (dixit Hobsbawm) sera un siècle de révolutions brisées, vaincues, récupérées, celui des combats désespérés de Mazzini et de Marx, de Blanqui et de Engels, des décembristes et des jacobins russes, de la Seconde Commune de Paris en 1871 … Il y a 135 ans entre la Première Commune de Paris de 1792 (celle de Robespierre et de la Montagne jacobine, dans lesquels se reconnaissait Lenine) et la Grande Révolution d’Octobre bolchevique fin 1917. Le 18 juin 1815 la réaction d’Ancien régime triomphe, le temps de s’agglomérer aux dynasties bourgeoises pour former les oligarchies dominantes contemporaines. Waterloo, bien au-delà du destin particulier de Napoléon ou même de la France, est un tournant géopolitique et idéologique. »

WATERLOO LOIN DU FOLKLORE ANESTHESIANT …

C’est celà Waterloo, loin d’un événement historique lointain, transformé en célébration folklorique par ces oligarchies européennes, que dénonce Luc MICHEL. Voir le grand barnum en Belgique – « un monstre géopolitique artificiel érigé au service des intérêts géopolitiques britanniques en 1830 », dit Luc MICHEL – et le sens faussement « réconciliation européenne » que veulent lui donner les régimes belge, hollandais, britannique, allemand et français, alors que la portée historique de Waterloo est toute autre. Précisément les Windsor, Saxe-Cobourg, Nassau qui paradent ces jours-ci à Waterloo sont les héritiers des vainqueurs réactionnaires de 1815, leur survivance dans les oligarchies européennes et mondiales (le roi belgicain Philippe est un assidu des sommets des Bilderberg).

* Lire à ce sujet :
« Bicentenaire Waterloo: une cérémonie protocolaire sous le signe de la réconciliation » (in La Libre Belgique)

POLITIQUE – REVOLUTIONS – CLASSES – OLIGARCHIES EN FRANCE ET EN EUROPE

Dans un pamphlet publié en 2014, l’ex-trotskiste Lionel Jospin (et ce n’est pas un hasard) dénoncera « l’héritage néfaste laissé par l’Empereur ». A ses yeux, Napoléon est « coupable d’avoir détruit la Révolution par le coup d’État du 18 brumaire et, par ses guerres incessantes et sa soif de conquête, d’avoir fait le lit de l’hégémonie britannique au XIXe siècle ».

Or, la réalité historique est à l’opposé de cette conviction de l’ancien Premier ministre socialiste. Bonaparte a sauvé la Révolution, menacée de mort par la déliquescence corrompue du Directoire et un coup d’Etat monarchiste qui aurait ramené Louis XVIII. Il a consolidé ses idéaux d’égalité et de mérite dans le Code civil, que ne pourra plus remettre en cause la Restauration. Comme l’avait compris Karl Marx, il a parachevé l’avènement de la bourgeoisie en garantissant la vente des biens nationaux.

LA PREDOMINANCE GEOPOLITIQUE DES NEO-CARTHAGINOIS ANGLO-SAXONS ET LE REGNE IDEOLOGIQUE DE LA FINANCE

L’étoile de l’Angleterre s’était levée un siècle plus tôt, à la fin des guerres de Louis XIV, et celle de la France avait pâli à l’issue du traité de Paris de 1763, lorsque Louis XV, sans aucune vision, abandonna sottement le Canada et l’Inde. « Que perd la France ? demanda Michelet. Rien, sinon le monde. » Les guerres de la Révolution et de l’Empire furent l’ultime effort de la France – qui laissa le pays exsangue – pour reprendre son rang de maître de l’Europe.

Après avoir financé les guerres contre Louis XIV, la City de Londres avait payé les coalitions qui vinrent à bout de « l’Ogre ». Napoléon fut le seul Français (et européens) qui combattit la Finance, les armes à la main. L’affrontement entre la France de Napoléon et l’Angleterre de Pitt est idéologique ; ce fut celui des deux conceptions de la modernité qui s’annonçait : le modèle libéral et inégalitaire de l’Angleterre, centré sur le marché et l’initiative privée (devenu celui des USA et de tout le Bloc anglo-saxon) et où domine la Finance et le pouvoir économique, opposé au modèle étatiste et égalitaire de la France, centré sur l’Etat et la puissance publique, où prédomine le Politique.

Dans cette affaire, « les vieilles monarchies européennes, condamnées par l’Histoire – elles mettront un siècle à mourir –, hésitèrent entre les deux camps, passant de l’un à l’autre, avec des habiletés matoises de chat, avant de se rallier au panache d’Albion ». Pour Stendhal, Napoléon fut coupable de les avoir laissées vivre au lieu de les achever ; d’avoir même essayé vainement d’obtenir d’elles ce « droit de bourgeoisie » que Talleyrand le poussait à solliciter.

Les politiques français, tous ralliés à l’Atlantisme plus ou moins honteusement, tressent d’unanimes louanges à Talleyrand et rejettent Napoléon avec horreur (et ce n’est pas non plus un hasard, car Tallyrand est le modèle même des politiciens compradore rallié à l’ennemi pour conserver une partie du pouvoir), même lorsqu’ils avouent admirer Bonaparte, établissant un distinguo qu’ils croient subtil, alors qu’il signe leur inculture historique. A la décharge de Lionel Jospin, son vainqueur de la présidentielle de 2002, Jacques Chirac ne pensait pas autrement que lui. Nos deux champions de la droite et de la gauche étaient bien ces « bourgeois louis-philippards envieux de la puissance économique de l’Angleterre, étrangers à la grandeur de la France ».

C’est d’ailleurs Louis-Philippe qui fit ramener les cendres de Napoléon aux Invalides. Par récupération politique ! Dans son sublime ‘Choses vues’, Victor Hugo décrivait « le décalage entre la ferveur populaire (les survivants de la Grande Armée dormant aux pieds de son cercueil) et la froideur hautaine des élites du régime ». Déjà.
Cette histoire-là n’est plus enseignée ni en France ni en Europe, et n’est même plus audible par les oreilles contemporaines.

KH / PCN-SPO

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